dimanche, 04 octobre 2009

Mort aux cons et surtout aux régionalistes

histoirepostale-france.jpgIl n'y a rien que j'exècre plus que le régionalisme, une sorte de nationalisme à la sauce péquenot. Bretagne libre, Savoie indépendante, les 27 tous des PD (bon là c'est pas pareil), parisiens têtes de chiens...

 

Sans déconner, on peut être attaché à sa ville, à son terroir, à la bouse des vaches, mais de là à ériger en paradis sur terre la moindre parcelle de terrain de sa région me dépasse complètement. Le fait de se faire insulter car on ose circuler avec une plaque 75 dans le 76 nous rappelle qu'en France, on aime pas l'autre, l'étranger... De là à comparer avec certains événements historiques il n'y a qu'un pas que je ne franchirai pas (y'a longtemps que je voulais la placer celle-là), mais, parfois, se déplacer avec une plaque parisienne à Marseille est aussi risqué que de chanter l'Internationale Communiste à la convention des Notaires de France.

 

Tout ça pour dire que je viens de lire « Mort aux cons » de Carl Aderhod, une sorte de nouveau « Mon chien stupide » de Fante ou de « Comment je suis devenu stupide » de Martin Page. Dans ce récit assez drôle, j'ai trouvé le paragraphe qui résume parfaitement mon sentiment pour ces blaireaux :

« J'ai en horreur ces manifestations de pseudo-folklore, ces danses pauvrettes, où l'on voit s'agiter des gars et des filles dans des costumes ridicules, au son d'une musique qui vous scie les oreilles. Soit ça couine, comme avec le biniou, soit ça crécelle. Et en plus de cet ersatz de fête de fin d'année d'école primaire, on doit se farcir le repas typique, galette et bolée, boustifade et cramique, la cuisine des pauvres soudain érigée en mémorial... Le terroir, c'est le parc d'attractions du citadin, patoisland, le Disney de la bouse et du purin. »

 

Bixente Le Guen

 

mardi, 23 décembre 2008

Nous y sommes par Fred Vargas. Tel Quel

fred_vargas.jpgNous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l'incurie de l'humanité, nous y sommes.
Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu'elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance.
Nous avons chanté, dansé.
Quand je dis "nous", entendons un quart de l'humanité tandis que le reste était à la peine.

Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l'eau, nos fumées dans l'air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous  avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu'on s'est bien amusés.


On a réussi des trucs carrément épatants, très  difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des  bestioles génétiquement modifiées sous la  terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l'atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.
Franchement on s'est marrés.
Franchement on a bien profité.
Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.


Certes.
Mais nous y sommes.
A la Troisième Révolution.
Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu'on ne l'a pas choisie.
"On est obligés de la faire, la Troisième  Révolution ?" demanderont quelques esprits réticents et chagrins.
Oui.


On n'a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis.
C'est la mère Nature qui l'a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies.
La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets.
De  pétrole, de gaz, d'uranium, d'air, d'eau.
Son ultimatum  est clair et sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec  moi (à l'exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d'ailleurs peu portées sur la danse).
Sauvez-moi, ou crevez avec moi.
Evidemment, dit comme ça, on comprend qu'on n'a pas le choix, on s'exécute illico et, même, si on a le temps, on s'excuse, affolés et honteux.
D'aucuns, un brin rêveurs, tentent d'obtenir un délai, de s'amuser encore avec la croissance.
Peine perdue.


Il y a du boulot, plus que  l'humanité n'en eut jamais.
Nettoyer le ciel, laver  l'eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l'avidité, trouver  des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour  les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, "attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille" récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n'en a plus, on a tout pris dans les mines, on s'est quand même bien  marrés).
S'efforcer. Réfléchir, même.
Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.
Avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde.
Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.
Pas d'échappatoire, allons-y.


Encore  qu'il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l'ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante.
Qui n'empêche en rien de danser le soir venu, ce n'est pas incompatible.
A condition que la  paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie "une autre des grandes spécialités" de l'homme, sa plus aboutie peut être.
A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.
A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.

Fred  Vargas
Archéologue et  écrivain

 

EDIT : Fred Vargas a écrit ce texte en soutien à Europe Ecologie. Voici l'original: http://www.europeecologie.fr/blog/nous-y-sommes

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samedi, 18 octobre 2008

Evidences

julien parme.jpg"Les trucs qu'on a pas envie de voir, on ne les voit pas. Ca aussi c'est ma théorie. C'est pour ça que la plupart des types, dans le métro, je sais pas si vous avez remarqué, mais on a l'impression que ce sont des aveugles. Ils peuvent croiser aucun autre regard, sauf le leur. Parce que les yeux, ils sont montés à l'envers, comme s'ils essayaient de se regarder de l'intérieur. On dirait des fantômes. Je vous jure. Ils pourraient passer devant un cadavre sans même y prêter attention. Alors que si vous leur dites qu'il y a des types qui crèvent à l'autre bout du monde, ils sont prêts à vous signer toutes les pétitions que vous voulez et à dire partout que c'est scandaleux."

Florian Zeller, Julien Parme

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lundi, 29 septembre 2008

Le gars cool

ba2893.jpg"Si tu essayes de me cacher quelque-chose, je te tue ; si tu déformes les faits ou si je crois que tu déformes les faits, je te tue ; si tu oublies quelque-chose, je te tue. En vérité, il va te falloir un mal de chien si tu tiens à rester en vie. Est-ce que tu as saisi ce que je t’ai dit ? Fais un petit effort ou... Je te tue."

Guy Ritchie, Arnaques, Crimes et Botanique

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vendredi, 12 septembre 2008

Bon voyage

Las Vegas.jpg"On avait 2 sacs bourrés d’herbe, 75 plaquettes de mescaline, 5 feuilles complètes d’acide en buvards, une salière à moitié pleine de cocaïne, une galaxie multicolore de remontants, sédatifs, hilarants, larmoyants, criants, en plus une bouteille de tequila, une bouteille de rhum, une caisse de bière, un demi litre d’éther pur, et deux douzaines de Poppers. Non qu’on ait eu besoin de tout ça pour le voyage, mais quand On démarre un plan drogue, la tendance, c’est de repousser toute limite."

Terry Gilliam, Las Vegas Parano

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jeudi, 04 septembre 2008

Vulgaire, non jouissif !

images.jpg"Oh, purée de moules ! J'ai la tête en couilles de jockey, ce matin, putain, je te jure, putain. Je vais droit au frigo, cette salope. Oui ! deux bouteilles de Becks. Ca m'ira. J'encule ces deux putes sur un coin de table. Je me sens tout de suite mieux. Mais bon, putain, faut faire gaffe à l'heure."

 

Irvine Welsh, Transpotting

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